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Brève ébauche de présentation de El Surco, journal de propagande anarchiste chilien (2009-2012)

Rencontres internationales de l’anarchisme du 8-12 août 2012 St-Imier (Suisse)

lundi 12 mars 2012

Pour fêter les 140 ans du congrès de St-Imier, acte fondateur de l’Internationale anti-autoritaire, la Fédération anarchiste francophone (IFA) et la Fédération libertaire des montagnes (OSL) appellent les groupes, collectifs, individus qui se réclament de l’anarchisme social à participer aux Rencontres internationales de l’anarchisme en août 2012 dans le village de St-Imier. Sur le site internet www.anarchisme2012.ch se trouve plus d’information sur les contenus et l’esprit de ces rencontres.

L’Internationale des Fédérations anarchistes (IFA) tiendra son propre congrès à St-Imier à l’occasion de ces Rencontres internationales. Nous attendons des organisations, groupes et individus de tous les pays. Nous souhaitons que soient représentés les mouvements et groupes d’un maximum de pays : Tunisie, Égypte, Chili, Mexique, Uruguay, Brésil, Israël, Palestine, Russie, Biélorussie, etc. Les contacts pris sont nombreux et intéressants. Ci-après, vous trouverez la présentation du journal El Surco (Chili) qui sera présent lors des Rencontres internationales de l’anarchisme.

El Surco est un journal anarchiste mensuel publié à Santiago du Chili depuis mars 2009. Aujourd’hui, il est tiré à 2000 exemplaires par mois et est diffusé dans des kiosques, des librairies, des centres sociaux et lors d’événements, grâce à des camarades, dans presque tout le pays. De temps en temps, des exemplaires sont envoyés à Buenos Aires, Lima, Montevideo et Caracas et d’autres coins du globe. En même temps que la version papier, les numéros sont diffusés sur Internet.

El Surco est né de l’initiative d’un petit groupe d’amis, animé d’une grande volonté d’agir, mais avec peu d’expérience et de connaissance technique concernant la propagande écrite. Au fil des mois le groupe a évolué et s’est consolidé humainement et politiquement. Certains sont arrivés et d’autres sont partis. Le groupe affinitaire qui maintenant gère le journal est formé de personnes qui dans leur majorité se sont connues en chemin, c’est-à-dire, au gré des ralliements au projet. C’est un groupe d’individus aux caractéristiques et expériences très hétérogènes, qui vont du militantisme libertaire du milieu des années 1990 aux publications et centre sociaux occupés de ces dernières années.

Pour cela, et pour d’autres bonnes raisons, il n’existe pas pour nous de pensée unique, car, même s’il existe une affinité de base, celle qui nous réunit et nous fait avancer, les points de vues diffèrent et les débats sont permanents. C’est ainsi que nous comprenons l’anarchie, comme une recherche constante, et non comme un système d’idée fermé. C’est pourquoi on ne doit pas voir le journal comme une unité parfaite et harmonieuse. Nous n’avons pas voulu homogénéiser les visions, et grâce à ça les colonnes de El Surco ont été nourries de la richesse qui naît de la multiplicité.

Il est important de préciser que le groupe est formé de personnes qui ont participé et qui participent aujourd’hui à différentes activités culturelles, économiques et sociales. Certains sont professeurs, d’autres designers, et une part importante fait partie des centres de recherches et des instances de diffusion de l’histoire de l’anarchisme dans la région : ils publient des livres et des articles et font tourner un centre de documentation (Archive Historique La Revuelta) et échangent lors de brainstormings sur ces thèmes entre autres. Le groupe en général participe constamment à des discussions dans différentes villes, sur des thèmes divers.

Le nom du journal vient d’une publication anarchiste qui a existé entre 1917 et 1921, puis entre 1924 et 1926, à Iquique (dans l’extrême nord du pays). C’était un journal de propagande qui se caractérisait par l’esprit critique de ses pages. On a voulu prendre la relève.

Plutôt que de répéter des vieilles consignes ou des grandes déclarations, la volonté du groupe anarchiste El Surco est de poser des problématiques, de lancer des débats. On ne veut pas être crus aveuglément, ou être suivis, mais plutôt que naissent des questionnements quant à tout ce que nous cherchons à dépasser et aussi sur « comment » nous voulons le dépasser.

La majorité des textes qui sont publiés sont inédits, écrits par le groupe ou envoyés par des collaborateurs volontaires. Nous réalisons des interviews et également des enquêtes et des reportages. Les thèmes abordés sont variés, on peut mentionner entre autres : des analyses de l’actualité, l’histoire libertaire, des débats théoriques, les mouvements sociaux, les prisonniers politiques, l’écologie.

Le journal a grandi dans tous les sens du terme (quant à la variété des thèmes, le nombre de collaborateurs, les réseaux de contact et de distribution, les voies de discussions) pendant son cycle de vie propre. On a été surpris par le bon accueil qu’il a reçu dans les rues et pas seulement dans les « cercles anti-système ». On a pu vérifier dans la pratique qu’il n’est pas nécessaire de cacher le mot « anarchiste » pour diffuser ces idées. L’accueil a été positif, résultat que nous attribuons au contenu original de ses pages et à sa mise en page particulière.

Bien sûr, tout ne nous a pas réussi. Nous avons eu des problèmes, par exemple, pour pouvoir répondre de façon adéquate à la « demande » des gens vis-à-vis du projet, surtout par rapport à la distribution. On manque de bras. Nous avons également eu des difficultés économiques. Nous organisons des activités pour le financement, qui donnent toujours de bons résultats, mais les dépenses et les coûts sont permanents et en augmentation (dû aux divers projets parallèles), surtout en ce qui concerne la distribution dans les régions, qui remet toujours en cause d’une manière ou d’une autre la continuité du projet. En ce qui concerne le contenu du journal, nous pouvons aussi faire diverses autocritiques : parfois on ne traite pas certains sujets assez en profondeur, certains y voient plus de critiques que de propositions, etc. Nous espérons affronter tous ces problèmes, aussi bien les problèmes techniques que les problèmes de fonds, avec sérieux et ténacité, en cherchant à nous surpasser.

C’était un bref compte-rendu de notre projet. Nous voulons avancer et aller plus loin. La réalisation de nos souhaits dépend de notre affinité, du soutien des camarades et du résultat de notre lutte quotidienne contre toute autorité. Quant à nous, avec simplicité et ardeur, nous voulons l’anarchie et nous lutterons pour elle.

Grupo Anarquista El Surco Santiago, Región chilena, Marzo 2012 elsurcoanarquista@gmail.com periodicoelsurco.wordpress.com